L'arrivée de Pamp' - ou les limites de l'abstinence

CRÉATION DU CROU 4X4

Épisode 1 : Où le lecteur fait la connaissance du CROU 4X4 nouvellement installé dans le 44 (hannnn, jeu de mots de OUF) et découvre que Pamp' est un miracle qui vaut presque celui de la naissance de l'enfant Jésus. 

COMPOSITION DU CROU : 

- Carlou  : la Daronne
Clint : le Daron italien
- Benito  : Fils 1er
- Pamp' : Fils Second
- Melon : le chat roux castré

 

"Le 10 aôut 2016, la petite ville de Nantes voit débarquer le CROU 4X4 en son sein. Les Nantais sont en liesse. "Bienvenue au CROU" peut-on lire un peu partout sur les murs de la ville. Mais ces pauvres gens savent-ils seulement à quoi s'attendre ?"

Wouhouuu, la patate Barb' ! Allez, ça me donne envie de parler de Paris ; car oui, avant l'arrivée du pamplemousse (alias Pamp') dans mon utérus, je vivais ma vie de parisienne heureuse, tranquille, peinarde, à trois dans un 42m2 avec une voisine du dessous folle à lier et cinq étages sans ascenseur, entourée de l'amour de Clint, mon raclo conjoint et du doux Benito ("MOI JE PRÉFÈRE PAPA ! / MAMAN T'ES VRAIMENT AGAÇANTE ! / LAISSE MOIIIIIII  !  / On peut faire un cadeau à son papa le jour de la fête des mères ?" => petit florilège des douceurs que Fils Ier me susurre régulièrement à l'oreille.) 

Avec Clint, l'idée d'un deuxième enfant nous effleurait vaguement de temps à autre mais sans réellement s'ancrer dans nos désirs, et Benito grandissait, grandissait, et rien ne semblait pouvoir faire bouger cette triade sacrée. 
Les petits bébés mignons nous laissaient parfaitement indifférents, tout autant que les fratries qui se composaient autour de nous chaques années ; on avait - très difficilement -  trouvé un équilibre à trois, ça nous avait pris un temps fou, une énergie de GUEUDIN et on voguait enfin à la cool, malgré les aléas financiers et logistiques de nos vies d'artistes dissolues (un daron intermittent du spectacle et une daronne écrivain = panique sa mère.) 

Mon stérilet en cuivre était mon meilleur allié. Hormis la fois où le fil avait bougé et piqué la bite le sexe de Clint en plein ébat "Haaaa, ma Carlou, y'a un truc chelou qui m'a piqué dans ta chatte  chachouna !" ce petit objet magique faisait son job à la perfection, bloquant sans pitié les spermatozoïdes très dégourdis de mon amant fougueux (Benito était arrivé sans prévenir grâce à l'un d'entre eux particulièrement fourbe et véloce.) Mais tout a une fin en ce bas monde, y compris les stérilets ; le mien finit donc un jour par arriver à sa date de péremption. C'était quelques mois avant les 5 ans de Beni.

 

*(Voir Sterilor's adventures en bas de page)

 

Pragmatique, je décidais d'en parler à Clint avec tact  : "On a fêté tes 40 piges, Benito a déjà 5 ans et mon stérilet va bientôt être périmé. Qu'est-ce que je fais ? Si on veut un deuxième marmot, c'est maintenant ou jamais." 
Mis au pied du mur et surtout ému par la puissance de mon désir à avoir un deuxième enfant avec lui, Clint ne pu que céder à mes arguments imparables.
Début octobre, rendez-vous était pris avec ma gynéco pour faire retirer de ma chatte chachouna mon contraceptif. 

ELLIPSE TEMPORELLE DE TROIS MOIS (le temps d'obtenir un rendez-vous chez une gynéco à Paris.) 

Le jour du rendez-vous arrive. La gynéco me fait entrer dans son cabinet, souriante : 

— Alors on retire le stérilet aujourd'hui ? Vous avez un désir de grossesse ? 
— Heu... J'ai le désir de faire retirer mon stérilet.
— Mais vous avez bien le désir d'un deuxième enfant ?
— Heu... J'ai le désir de faire retirer mon stérilet. 
— J'ai bien compris mais si je vous le retire, c'est que vous êtes prête à retomber enceinte n'est-ce pas ?

(Mééééé, tais-toi là ! Tu vas tout faire capoter avec tes insinuations angoissantes !)
Bon, tu l'auras compris lecteur, ça n'était pas si évident que ça pour moi de vouloir un deuxième enfant, alors je l'ai joué à la cool - parce qu'il était hors de question que ma gynéco me dise "oulala, mais vous n'êtes pas du tout prête ma petite dame, hop, je vous recolle un stérilet tout frais tout neuf. Allez oust, et revenez quand vous serez CERTAINE de votre choix."
J'ai donc répondu un truc à la Lacan qui lui a fait fermer son clapet une bonne fois pour toutes : 

— Je ne désire pas absolument retomber enceinte. Je veux juste laisser l'opportunité à la vie de décider. Si un bébé arrive tant mieux, sinon, tant pis. (Hannnn, comment je t'ai soufflé ma cocotte !!) 

Et de poursuivre : 

— En plus comme j'ai un cycle long et irrégulier, ça risque de prendre pas mal de temps donc voilà quoi. (Cool Raoul.) 

Bref. Elle a paru un peu sceptique mais a tout de même accepté, au final, de m'ôter ce bordel de stérilet.

Le soir, allongés dans notre lit d'amants fougueux, je rappelle à Clint la grande nouvelle du jour : je n'ai plus de stérilet ! 
Résultat : il s'angoisse => son angoisse m'angoisse => ceinture. 
Complètement flippés tous les deux à l'idée qu'un bébé puisse désormais arriver, nous préférons nous coller chacun à un bout du lit et nous endormir chastement. 
Le problème, c'est que ce scénario se répète encore et encore. Les jours passent et on n'ose plus se toucher. D'où le dégainage au bout d'une semaine de la phrase favorie des hommes - attention 5,4,3,2,1, ZÉROOOOOOO : "Clint, il faut qu'on parle."
Clint essuie une petite goutte de sueur sur sa tempe avant de venir s'installer courageusement en face de moi. Il sait bien que j'ai une idée derrière la tête et c'est justement ça qui le rend fébrile. 
" Ok Clint, on va quand même pas s'arrêter de baiser  de faire l'amour heart , c'est débile. Vas t'acheter des capotes, ça ira mieux avec."
Je lis dans ses yeux un immense soulagement.

— C'est tout ? C'était ça la discussion ?
— Oui.

Clint trouve l'idée séduisante, il va y réfléchir. Sauf que le temps qu'il se décide, et bien ça fait quand même PLUS DE DEUX SEMAINES qu'on ne s'est pas touché ! (Note au lecteur : je fais genre c'est un truc de ouf mais en vrai, on  déjà battu des records bien pire. Bah oui, c'est bon, fais pas cette tête, ça t'arrivera aussi.) 
Dans la foulée, cet intermittent de Clint part en tournage pour une semaine. Ça plus les deux semaines et demie d'abstinence en amont et le tour est joué : le soir de son retour, c'est la fête à kiki, et d'autant plus que j'en suis à mon 25e jour de cycle, ce qui me met à l'abri d'une éventuelle grossesse, comme tout le monde le sait. (Note au lecteur : si tu as oublié tes cours de biologie, je te fais un court récap : la femme a un cycle de 28 jours, son 1er jour de cycle étant celui de son 1er jour de règle. Dans 98% des cas, l'ovulation se situe aux alentours du 14e jour de cycle.) 
On l'aura compris, ça n'a pas loupé : Pamp' a foncé DIRECT dans mon utérus, ni une ni deux, ni trois ni quatre.

J'ai rappelé ma gynécologue pour lui annoncer que j'étais enceinte ("Déjà ??? Vous n'avez pas chômé vous !") et  je lui ai donné la date exacte de la conception (la grosse THEUHON. Ça fait vraiment le couple qui baise une fois dans le mois, haha, n'importe quoi...  Ha ben si en fait.)  Elle m'a ri au nez : " IMPOSSIBLE ! On ne tombe pas enceinte à son 25e jour de cycle." Et pour me prouver qu'elle s'y connaissait mieux que moi en conception, elle m'a donné un rendez-vous pour pratiquer une échographie de datation de début de grossesse.
Quelques jours plus tard, face à mes ovaires géants étalés sur son écran plasma dernier cri, ma gynéco a semblé un peu circonspecte : "Ça alors ! Vous avez ovulé à votre 25e jour de cycle... C'est improbable. En tout cas, vous êtes bien enceinte de six semaines." Je n'ai rien dit mais j'ai pensé que pour une soit disant pro de la chachouna, elle m'avait un peu l'air de débarquer. 
Avant de me laisser rentrer chez moi, elle m'a fait une dernière recommandation : "Si vous avez des saignements ou des douleurs, rendez-vous directement aux urgences. Les fausses couches représentents tout de même 20% des grossesses." 
Une fausse couche ? Bof...  Un petit machin qui arrive à s'implanter dans ton utérus la seule fois où tu fais des cochonades dans le mois, à une date d'ovulation improbable, quelques jours seulement après le retrait de ton stérilet, qui s'en irait d'un coup ? Non. C'est tout un karma, ça. Vu sa motivation à se pointer, j'ai pensé qu'il y avait peu de risques qu'il reparte dans la foulée. J'avais raison. Il avait décidé d'arriver le Pamp'. Et il est arrivé. Et il n'a pas fait semblant d'arriver. 
 

À SUIVRE. 

Haaannnnnn, suspens de GUEUDIN ! 

 

*